L’art du raku

Estampe japonaise

Symbole par excellence de la précarité des choses, la céramique tire certe de sa fragilité l’un de ses plus grands charmes. Elle convient à merveille à cette civilisation dont tout l’esprit est imprégné de nostalgie boudhique, tempéré de tendresse, au coeur fou parfois, mais toujours chaud, bien qu’abrité derrière le rempart protecteur des conventions sociales. c’est pourquoi ce qui s’épanouit à l’écart de cette inspiration, ce qui brille trop, ce qui tient encore à un faste renié par l’esthète cultivant le détachement des biens du siècle, n’appartient pas directement au monde japonais.

Vadime et Danielle Elisseeff – La civilisation japonaise – 1987

Les origines du raku

La poterie est cuite suivant un procédé japonais employé depuis le XVIe siècle. Cette technique, liée à la culture Zen, a été developpée par un potier du nom de Chojiro et par le créateur de la cérémonie du thé, Rikyu. Le raku était alors employé principalement pour la fabrication de bols à thé, le liquide pénétrant dans les fissures des bols sortis incandescents du four. Le hasard tient une grande place dans le raku. La magie de l’émail, la formation des fissures et les étranges reflets produits font que les créations sont toujours uniques.

La technique du raku

La pièce est modelée, séchée, puis cuite à environs 1000 degrés. Après la pose de l’émail, elle sera à nouveau cuite à la même température avec un défournement immédiat. Le choc thermique qui en découle provoque des craquelures qui se révèleront par un enfumage dans un récipient rempli de copeaux de bois.